ESSAI DE LA PLYMOUTH ROAD RUNNER 1969

ESSAI DE LA PLYMOUTH ROAD RUNNER 1969

De tous les manufacturiers américains, Chrysler est celui qui semble le plus s’intéresser à la voiture haute performance en offrant à sa clientèle toute une série de modèles de ce genre, comme les Dodge Super Bee, R T, Plymouth GTX ou Road Runner, sans oublier les Barracuda et le fameux moteur “hémi”.

Ces autos sont extrêmement populaires auprès des jeunes et de ceux qui recherchent des voitures musclées, et après avoir conduit la Plymouth Road Runner 383, nous comprenons pourquoi.

Pour un prix relativement minime d’environ $4,000 selon son équipement, elle offre des performances tout à fait impressionnantes à tous points de vue.

Soulignons d’abord qu’elle tient son nom d’un oiseau du désert rendu célèbre par une populaire série de dessins animés de Walt Disney. On trouve d’ailleurs un peu partout sur la carrosserie le dessin de ce petit animal surnommé “beep beep”, et même le klaxon essaie de reproduire le son caractéristique du “road runner”.

Pour passer à des choses plus sérieuses, disons que notre voiture de démonstration possédait des freins à disques assistés à l’avant, une transmission manuelle à 4 rapports synchronisés et, bien entendu, le moteur 383 PO. cu. Il ne s’agit pas d’une voiture luxueuse, mais strictement d’une Plymouth standard dont on a surtout amélioré le compor-

tement routier. Malgré tout, les sièges baquets sont confortables et le conducteur se trouve très à l’aise au volant, Le siège s’ajuste aussi bien en hauteur que sur le sens de la longueur, de sorte qu’on peut toujours trouver une position de conduite confortable sans être trop près du volant. Ce dernier est joli et très sportif avec son recouvrement similibois.

La visibilité est très acceptable et certes meilleure que sur les voitures de type “fastback”. Au tableau de bord, on pourrait déplorer l’absence d’un cadran pour la pression d’huile sur une voiture haute performance comme celle-là, mais tous les autres instruments y sont, y compris le comptetours placé bien en vue à droite du conducteur. Les contrôles en forme de clavier sont bien placés et leur identification très facile. On trouve aussi, sous le tableau de bord, un témoin lumineux qui sert à avertir le conducteur si l’auto est en marche arrière. Même si c’est une deux-portières, l’accès aux places arrière est facile et celles-ci sont assez spacieuses. Contrairement à la plupart des voitures américaines cette année, nous avons aimé la discrétion des appuistête, qui ne bloquent pas la visibilité vers l’avant des passagers arrière. Les fenêtres arrière s’ouvrent légèrement vers l’extérieur, comme sur plusieurs voitures européennes. La finition, dans l’ensemble, n’est pas renversante, mais passable. Le fond de la malle est plat et sans aucune obstruction. Avant d’ouvrir le capot, précisons que les prises d’air sont fonctionnelles et non seulement des décorations. On peut d’ailleurs contrôler l’entrée d’air au carburateur de l’intérieur au moyen d’une manette sous le tableau de bord.

Sous le capot on trouve cet imposant V-8 de 335 C.V. à 5,200 t/m avec un seul carburateur 4 corps et un taux de compression de 10 à 1. Enfin, mentionnons qu’on a eu la bonne idée d’incorporer à la calandre des phares longue portée, vraiment utiles sur une voiture aussi rapide.

Même si elle a de la puissance à revendre, la Road Runner accélère en ligne droite et demeure facile à contrôIer. Départ arrêté, elle atteint 60 m h en 6.8 sec., si l’on est prêt évidemment à sacrifier un peu les pneus.

Malgré sa grande puissance, le moteur n’est pas capricieux en ville et tourne au ralenti avec régularité. Au cours de notre test de consommation, effectué moitié en ville, moitié sur la route, il nous a été impossible de faire plus de 13 milles au gallon, même en roulant normalement.

La vitesse maximale correspondant au régime limite du moteur, fixé à 4,800 t m, est de ‘118 m/h, mais si l’on choisit d’ignorer cette précaution, la Road Runner atteindra facilement 130 m h et dépassera largement la fin de l’indicateur de vitesse, calibré à 120. Ce n’est toutefois pas recommandé pour la santé du moteur. Les pédales de frein et d’accélérateur sont bien agencées et peuvent être actionnées simultanément avec le pied droit seulement. La pédale d’embrayage est d’une grande fermeté et devrait décourager n’importe quelle femme d’emprunter cette voiture à son mari. Le passage des vitesses n’est pas non plus d’une grande douceur et rend la conduite en ville quelque peu laborieuse. La synchronisation cst toutefois très bonne et, avec un bon pied et un bon bras, il n’y a aucun problètne, Les rapports de la boite de vitesses sont très rapprochés. La 1ère atteint 50 m h, la 2e 80 ct la 3e près de 100,

La tenue de route est un des meilleurs points de la voiture, qui possède, méme à 130 m 4i, une excellente stabilité, En virage, les pneus Polyglass collent très bien à la route, et même si la voiture est sous-vireuse, la puissance disponible permet toujours de se tirer d’embarras. A faible vitesse, en ville, il faut s’attendre à sentir les bosses et les trous, et le confort est assez limité. La direction non assistée est agréable sur la route, mais encore là le stationnement en ville exige de bons muscles. Le klaxon est sans doute amusant, mais il manque nettement de puissance quand on roule à haute vitesse sur la route.

Au circuit Mont-Tremblant, la Plymouth Road Runner s’est avérée l’une des voitures de tourisme les plus rapides que nous ayons essayées en 4 ans, avec un temps de 2 min. 12.9 sec. Les freins à disques à l’avant, combinés à la présence d’excellents pneus, sont à la hauteur des performances et nous ont permis d’enregistrer une assez courte distance de freinage à 60 m/h pour une voiture américaine, soit 130 pi. En somme, celui qui est prêt à sacrifier le confort pour des performances au-dessus de la moyenne, sera bien servi avec la Road Runner. La voiture est aussi très sûre et peu chère, si l’on fait exception des contraventions. Par contre, pour aller faire du magasinage ou emmener les enfants en balade, ce n’est pas tout à fait le véhicule idéal.

Plymouth Road Runner

FICHE TECHNIQUE

Marque : Plymouth

Modèle : Road Runner

Moteur : Avant, V-8 de 383 PO. cu.

Puissance : 335 C.V. à 5,200 t/m

Transmission : Manuelle à 4 vitesses synchronisées

Freins : Disques à l’avant, tambours à l’arrière Pneus : F70x15

Empattement : 116 PO.

Longueur : 203.8 PO.

Largeur : 76,4 PO. Hauteur : 53,3 PO.

Poids : 3,400 lb. Prix : $5,000.

TABLEAU DES PERFORMANCES

Accélération : 0-60 m/ h :       sec.

Vitesse maximale : 130 m/h

Consommation moyenne : 13 milles au gallon

Meilleur tour au circuit Mont.Tremblant : 2 min. 12.9 sec, Distance d’arrêt à 60 m/h : 130 pi.

Voiture d’essai : Gracieuseté de Touchette Automobile Ltéc,

2175, av, Papineau, Montréal, P.Q,

 

Par Jacques Duval