Les restaurations Cent Points de Danny Beaupré
Un héritage de la restauration automobile québécoise
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Lors de la publication originale de cet article sur RPM-Autopassion en 2013, Danny Beaupré était encore à la tête de Restauration Cent Points, un atelier où le nombre d’heures consacrées à une automobile comptait beaucoup moins que la qualité du résultat final. Plus d’une décennie plus tard, l’atelier a changé de mains, mais les automobiles qui en sont sorties témoignent toujours du souci du détail et de la minutie qui caractérisaient son travail.
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L’histoire de Danny avec la carrosserie automobile commence pourtant avec un sérieux obstacle. Encore au secondaire, alors qu’il souhaite étudier dans le domaine qui le passionne, il apprend qu’il souffre d’asthme et que certains produits utilisés en carrosserie, notamment les durcisseurs ajoutés à la peinture, lui causent des problèmes. La passion sera néanmoins plus forte. Il trouvera éventuellement une solution lui permettant de travailler avec un équipement respiratoire alimenté en air provenant de l’extérieur de l’atelier.
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Autodidacte, patient et surtout perfectionniste, Danny commence à se faire connaître pour la qualité de son travail. Le 26 novembre 1994 marque une étape importante : on lui confie la restauration d’une Chevrolet Chevelle 1970. Le projet nécessitera 1 194 heures de travail. Pour Danny, une philosophie s’impose déjà : ce n’est pas le temps nécessaire qui détermine le travail, mais le résultat final.
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De Gilles Lafond à Danny Beaupré : la transmission d’un savoir-faire
Un autre personnage important de l’histoire de l’automobile ancienne au Québec allait bientôt jouer un rôle déterminant dans son parcours : Gilles Lafond, surnommé « Le Cardinal ».
Pour ceux qui ont connu le milieu québécois de la voiture ancienne à cette époque, Gilles Lafond était pratiquement le dictionnaire Larousse de l’automobile ancienne. Ses connaissances étaient considérables et son nom demeure bien connu de nombreux amateurs et membres de clubs de voitures anciennes.
Gilles connaissait également la qualité du travail de Danny. Lorsqu’il ne pouvait plus répondre à toute la demande de sa propre clientèle, il commença à lui confier certains travaux, sachant que les voitures seraient restaurées avec la minutie qu’il exigeait lui-même.
Cette relation professionnelle allait finalement devenir une véritable transmission. Lorsque Gilles Lafond décida de prendre sa retraite, Danny Beaupré acheta son fonds de commerce et ses actifs et poursuivit à sa façon le travail auquel son prédécesseur avait consacré une partie importante de sa vie.
Au fil des années, des Buick, Bentley, Chrysler Ghia, Citroën, Ford, Chevrolet et même une rarissime Pierce-Arrow passeront ainsi entre les mains de Danny. Certaines restaurations demanderont plus de 1 000 heures de travail; d’autres, plusieurs milliers.
Les photographies qui accompagnent cette chronique, publiée une première fois en 2013 et aujourd’hui revisitée, permettent de conserver la trace de quelques-unes de ces restaurations exceptionnelles et, surtout, du savoir-faire d’un artisan pour qui « assez bien » n’était tout simplement pas assez.
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Buick Super Estate Wagon 1953
Équipé d’un V8 de 322 po³ développant 188 chevaux et d’une transmission automatique Dynaflow, ce Buick Super Estate Wagon 1953 était déjà une automobile peu commune. L’exemplaire confié à Danny Beaupré avait été trouvé au Vermont et se présentait dans un état nécessitant une restauration majeure.
La remise en état permet de constater toute l’ampleur du travail effectué, particulièrement sur les boiseries caractéristiques de ce woodie. La menuiserie à elle seule demanda plus de 150 heures de travail.
Au total, Danny consacra environ 1 600 heures, réparties sur deux ans, à la restauration du Buick. Le résultat fut rapidement reconnu : lors de sa première sortie officielle à Hershey, la voiture remporta un National First Junior.
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Bentley 1962
Cette Bentley 1962 illustre un autre aspect du travail effectué chez Restauration Cent Points. Sur une automobile de prestige de cette catégorie, la restauration exige non seulement un travail de carrosserie impeccable, mais également une attention particulière aux matériaux, aux ajustements et aux nombreux détails de finition.
Les photographies prises au cours des travaux permettent aujourd’hui de conserver une trace de cette restauration et du niveau de minutie recherché dans l’atelier de Danny Beaupré.
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Chrysler Ghia Limousine 1957
Produite à seulement 13 exemplaires selon les informations recueillies à l’époque, cette Chrysler Ghia Limousine 1957 constitue l’une des automobiles les plus rares passées par l’atelier.
Construite avec une carrosserie réalisée par le prestigieux carrossier italien Ghia et équipée d’un V8 de 392 po³, cette imposante limousine nécessita 1 312 heures de travail pour retrouver son éclat.
Sa rareté et la complexité de sa construction en faisaient exactement le genre de projet où la patience, la recherche et le souci du détail devenaient aussi importants que le travail de carrosserie lui-même.
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Citroën 15-Six 1949 de Jean-Paul Riopelle
Parmi les automobiles possédant une histoire particulièrement intéressante figure cette Citroën 15-Six 1949 ayant appartenu au célèbre peintre québécois Jean-Paul Riopelle.
Danny Beaupré eut le privilège d’en effectuer la restauration. Au-delà de la valeur automobile de cette Citroën, son association avec l’un des artistes québécois les plus importants du XXe siècle lui confère aujourd’hui une dimension historique supplémentaire.
Ford décapotable 1938
Cette Ford décapotable 1938 passa elle aussi entre les mains de Danny Beaupré pour retrouver une seconde jeunesse.
Les photographies prises durant les travaux montrent les différentes étapes de sa remise en état et permettent surtout d’apprécier tout ce qui se cache derrière une restauration terminée : démontage, préparation, carrosserie, ajustements et finition avant de retrouver l’apparence d’une automobile complète.
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Pierce-Arrow 1934
Cette Pierce-Arrow Sport Coupé 1934 représente certainement l’un des projets les plus impressionnants réalisés par Danny Beaupré.
Équipée d’un moteur huit cylindres en ligne, cette automobile aurait été produite à environ 60 exemplaires. Au moment de la rédaction de notre article original, elle était considérée comme possiblement l’un des derniers exemplaires survivants de cette configuration.
Sa restauration donne surtout une idée de la démesure que peuvent atteindre certains projets : environ 3 500 heures de travail furent nécessaires pour lui redonner son apparence.
Un chiffre qui résume assez bien la philosophie de Danny Beaupré : sur une automobile aussi rare, le nombre d’heures devenait secondaire devant la qualité du résultat final.
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Prototype Citroën 1939
Cette Citroën de 1939 constitue une autre pièce particulièrement inhabituelle passée par Restauration Cent Points.
Selon les informations recueillies à l’époque, seulement neuf exemplaires de ce prototype auraient été construits. Son châssis s’étant révélé insuffisamment rigide compte tenu des dimensions de la voiture, Citroën aurait ensuite revu le concept en réduisant ses dimensions.
Les photographies de sa restauration sont d’autant plus intéressantes qu’elles documentent aujourd’hui un véhicule dont très peu d’exemplaires ont été construits.
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Chevrolet Nova 1973
Avec son V8 de 383 po³, cette Chevrolet Nova 1973 nous ramène dans un univers très différent de celui des Bentley, Citroën ou Pierce-Arrow.
Cela ne signifiait toutefois pas que les standards de restauration changeaient. Pas moins de 1 077 heures de travail furent consacrées à sa remise en état.
Une belle démonstration que chez Restauration Cent Points, la minutie accordée à une restauration ne dépendait pas du prestige ou de la rareté de l’écusson apposé sur la voiture.
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